
Si la première édition des Environnementales s'est déroulée au printemps 2000, c'est en 1998 et 1999 qu'ont vu le jour les deux premières oeuvres dites de land art, ou art contemporain environnemental, dans le parc paysager de Jouy en Josas.
TECOMAH a donc pris le temps de vérifier que l'art contemporain environnemental se révélait être un vecteur d'enseignement de savoir-faire, de savoirs, et de savoir-être.
De fait, les "land-artistes", qui oeuvrent dans et avec la nature de façon audacieuse, recherchent des techniciens de l'environnement (Travaux publics, Art floral, Horticulture, Aménagement du paysage, Gestion et maîtrise de l'eau...) qui leur proposeront des solutions ingéniériques et une mise en oeuvre sur un site paysager de 120 hectares à 20 km de Paris.
TECOMAH, l'Ecole de l'Environnement et du Cadre de Vie de la CCI de Paris, qui n'hésite pas à innover dans ses outils pédagogiques, s'est tournée, dans le cadre du référentiel du Ministère de l'Agriculture qui propose une sensibilisation à l'art, vers la réalisation d'oeuvres d'art qui puissent interpeller les étudiants afin de leur apporter un "plus" : élargir leurs compétences techniques et conceptuelles, en même temps que leur sensibilité, facteur d'inventivité.
Les savoirs : une étude de faisabilité entraîne l'étude en amont de tous les éléments qui autoriseront la réalisation technique. Cela implique la prise de mesures (calcul, géométrie...), l'étude des substrats, la rédaction de textes, la botanique (recherche de végétaux), les programmes de culture, la pratique de l'anglais (artistes anglo-saxons), etc.
Les savoir-faire : teindre en rose 3000 m2 de gazon, monter une serre en miroir, colorer 450 fleurs blanches selon le spectre des couleurs, cultiver des orties et des chardons, transformer des meubles en serres à légumes au fond d'une grotte du XVIIIe siècle, créer une anamorphose végétale visible sur des écrans plasma, créer un jardin de plastique, obtenir des floraisons anticipées, créer un jardin désordonné, installer des "flûtes solaires" dans les arbres, "enterrer" une roseraie de fleurs inédites, placer des "lits d'arbre" dans les sous-bois, ou encore... monter un toboggan pour aider les dieux à descendre sur terre !
Le savoir-être : rencontrer et travailler avec des artistes issus d'un milieu totalement inconnu, issus de cultures étrangères parfois, accueillir le public, répondre à des journalistes, s'adresser à des partenaires professionnels, aux services techniques de l'établissement, mais également venir le samedi afin d'aboutir dans la réalisation du chantier, travailler en équipe, etc.
Les Environnementales ont toujours attiré des artistes plasticiens de notoriété internationale, qui ont su proposer des projets originaux et s’engager dans le concept de TECOMAH. La manifestation obtient ainsi le soutien et le financement du Ministère de la culture et de la communication, du Conseil régional d'Ile-de- France, du Conseil général des Yvelines, de l’Académie de Versailles, tout comme nombre d’entreprises et de partenaires privés.
Commissaire de l’exposition : Jean-Marc Barroso, professeur et initiateur des Environnementales.